Phosphates : Trump lève temporairement les droits antidumping sur les engrais marocains face à l’urgence agricole
Les États-Unis ouvrent à nouveau leurs portes aux engrais phosphatés marocains. Le président américain Donald Trump a déclaré l’état d’urgence nationale pour les fertilisants phosphatés. Cette mesure lui a permis de suspendre pour huit mois certains droits “antidumping et compensatoires” imposés depuis des années aux importations en provenance du Maroc. Washington justifie cette décision par l’insuffisance de la production locale pour couvrir les besoins de l’agriculture américaine. Face à une situation jugée critique, l’administration a choisi de faciliter les importations afin de garantir l’approvisionnement des agriculteurs à l’approche de la prochaine saison agricole d’automne.
La production américaine de phosphate a chuté de plus de 50% depuis 1995. Dans le même temps, les chaînes d’approvisionnement mondiales ont été fragilisées. Depuis fin février, l’escalade américano-israélienne contre l’Iran a perturbé la navigation dans le Détroit d’Hormuz. Or, plus de la moitié du soufre mondial et une part de l’ammoniac, deux composants essentiels des engrais phosphatés, transitent par ce passage stratégique.
Cette rupture a provoqué une pénurie mondiale. Dans ce contexte, l’Office Chérifien des Phosphates, OCP, a intensifié sa production de TSP pour combler une partie du déficit. Fort de près de 70% des réserves mondiales de phosphate et d’une maîtrise intégrée de la chaîne, de la mine à l’engrais fini, le groupe s’impose comme l’acteur le plus fiable au moment où la confiance dans les approvisionnements vacille. L’OCP a salué l’annonce américaine, y voyant une étape importante vers le retour des exportations marocaines sur le marché des États-Unis.
Le groupe souligne que le Maroc confirme son rôle de partenaire fiable, stable et stratégique au service de la sécurité alimentaire mondiale. Il considère cette levée de droits comme une reconnaissance de la pertinence de sa stratégie industrielle de long terme, fondée sur des investissements massifs, des solutions de nutrition des sols adaptées aux agriculteurs, et une résilience opérationnelle renforcée. Présent en Amérique du Nord depuis plus de dix ans via une filiale dédiée, l’OCP affirme disposer aujourd’hui des capacités nécessaires pour accompagner durablement ses partenaires et contribuer à la stabilité des marchés agricoles.
Le Maroc ne se limite pas au marché américain. Le ministre japonais de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche, Norikazu Suzuki, a récemment conduit une délégation officielle au complexe du Jorf Lasfar pour sécuriser un accès durable au phosphate marocain. En Europe, partenaire historique de l’OCP, la sécurisation des approvisionnements en engrais est devenue une priorité des politiques publiques.
Avec la décision de Washington et l’intérêt du Japon, le Royaume, à travers l’OCP, consolide sa position comme pilier de la sécurité alimentaire mondiale à un moment marqué par la volatilité des chaînes logistiques agricoles et la hausse de la demande en engrais phosphatés.










































