AMTEC : Le Maroc et les États-Unis testent avec succès un missile de croisière à longue portée
Le Centre Marocain d’Essais et de Technologies, AMTEC, est entré dans une nouvelle phase. Le Commandement américain pour l’Afrique, AFRICOM, a annoncé la réussite d’une première démonstration de tir réel sur le site, une opération conjointe qui marque un tournant dans le partenariat de défense entre Rabat et Washington. L’objectif était double : tester en conditions réelles des capacités de frappe de précision à longue portée, et valider de nouvelles technologies destinées à être déployées rapidement par les forces américaines et leurs partenaires africains. Selon le communiqué d’AFRICOM, l’exercice a mobilisé des équipes mixtes maroco-américaines.
Après l’installation d’un site d’essais expéditionnaire, un tir unique a été effectué. Militaires, ingénieurs et techniciens d’une entreprise américaine de défense ont collaboré pour vérifier les systèmes de communication, mesurer les performances de la plateforme et recueillir des données météorologiques et de ciblage. Ces données seront exploitées pour les prochains cycles d’expérimentation. Le système testé est un missile de croisière à longue portée, conçu pour être à la fois performant et à faible coût. Il vise à offrir une capacité de frappe évolutive tout en générant des retours d’expérience pour en améliorer les futures versions.
Pour le Maroc, AMTEC doit s’imposer comme un pôle régional. Le colonel Zouhair El Hamdani, responsable de la coordination aux FAR, a souligné que le centre a vocation à devenir une plateforme d’innovation, de coopération stratégique et de développement industriel. "Cette première démonstration de tir réel constitue une étape majeure dans la concrétisation de cette vision", a-t-il déclaré. Le général Dagvin Anderson, commandant d’AFRICOM, a lui mis en avant la dimension stratégique du partenariat avec le Maroc. Pour lui, le royaume offre un environnement clé pour accélérer la préparation opérationnelle des forces américaines et africaines.
Il a ajouté qu’AMTEC "renforce la coopération en matière de sécurité et stimule l’innovation". L’exercice a aussi servi à tester un nouveau modèle de collaboration avec le secteur privé. Une start-up américaine de défense a pris part aux essais, illustrant la volonté de connecter directement les besoins militaires à l’innovation technologique. Du côté de l’US Army, le colonel Michael Gacheru, responsable de l’engagement régional à AFRICOM, a qualifié cette démonstration d’exemple de "l’évolution de l’entraînement multinational". L’idée : intégrer les technologies émergentes avec les partenaires, dans des environnements réalistes, pour gagner en interopérabilité.
Le lieutenant-colonel Corbett W. Baxter de la SETAF-AF a insisté sur la fonction d’accélérateur d’AMTEC. Le centre doit permettre de réduire le temps entre l’expérimentation en laboratoire et le déploiement opérationnel sur le terrain. AFRICOM conclut que cette opération confirme le positionnement du Maroc comme acteur de sécurité incontournable dans la région. Le centre va poursuivre son extension vers d’autres domaines : systèmes autonomes, communications avancées, capteurs de nouvelle génération. Le but affiché est de transformer plus vite l’innovation en capacités concrètes pour les forces américaines, marocaines et alliées.







































