PISA 2025 : le smartphone fait-il chuter le niveau des élèves marocains ?
Le diagnostic est sévère et dépasse la simple question des moyens. Si l'absentéisme, le déficit d'enseignants et le manque de matériel pèsent toujours sur l'école publique, les praticiens de terrain pointent aujourd'hui un autre fléau : l'effondrement de l'attention lié à la surexposition numérique. C'est le constat que dresse le psychomotricien Sami Akoudad à Casablanca. Sans faire de l'écran l'unique responsable de l'échec scolaire, il y voit un facteur aggravant majeur.
La consommation compulsive de formats ultra-courts, les Reels et Shorts de 6 à 10 secondes, habitue le cerveau à une gratification instantanée et ronge l'attention soutenue. Le cerveau est un muscle : sans entraînement à l'effort intellectuel profond, ses fonctions cognitives s'atrophient. Ce changement de paradigme cognitif éclaire d'un jour nouveau les résultats catastrophiques du Maroc au PISA 2025. C'est la troisième participation du Royaume, après 2018 et 2022, et la dégradation se poursuit. L'OCDE a évalué 7.000 élèves de 15 ans du public pendant deux heures sur ordinateur.
Le verdict est sans appel, en sciences, le Maroc obtient 358 points contre 482 en moyenne OCDE, soit la 82ème place sur 90. En mathématiques, 355 points contre 463, 82ème sur 86. En compréhension de l'écrit, la chute est abyssale avec 321 points contre 461, reléguant le pays au 86ème rang sur 89. Même sur la pensée computationnelle, compétence clé pour décomposer un problème complexe à l'ère numérique, le retard est massif.











































