Immobilier résidentiel au Maroc : les prix continuent de grimper malgré un effondrement des ventes

Août 4, 2026 - 22:51
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Immobilier résidentiel au Maroc : les prix continuent de grimper malgré un effondrement des ventes

Le marché immobilier résidentiel au Maroc affiche une situation paradoxale. Les prix des logements poursuivent leur hausse alors que le volume des transactions est en net recul. Un déséquilibre persistant entre l’offre et la demande qui rend l’accès à la propriété de plus en plus difficile, notamment pour les ménages de la classe moyenne. Cette situation est particulièrement visible dans les grandes villes. Les candidats à l’achat se heurtent à des obstacles croissants : la cherté des biens, l’augmentation du coût du financement et des crédits immobiliers, ainsi que la rareté des offres disponibles face à une demande toujours soutenue.

Devenir propriétaire d’un logement proche du lieu de travail et des services essentiels devient ainsi un objectif de plus en plus difficile à atteindre. Les dernières données publiées par Bank Al-Maghrib et l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC) confirment cette tendance. Au premier trimestre de l’année en cours, les transactions immobilières ont chuté de plus de 40%. Pourtant, cette baisse n’a été accompagnée d’aucune correction significative des prix. Selon les professionnels du secteur, cette déconnexion entre l’évolution des prix et la demande réelle s’explique par plusieurs facteurs.

 On cite notamment la hausse des coûts de construction, la pénurie de foncier dans les zones à forte attractivité, et la concentration continue de la demande dans les grandes métropoles économiques. Parallèlement, l’alourdissement des mensualités de crédit immobilier aggrave la crise d’accès à la propriété. De larges pans de la population sont contraints de reporter leurs projets d’achat ou de se tourner vers des alternatives moins coûteuses. La pression est particulièrement forte sur la classe moyenne, coincée entre la flambée des prix de l’immobilier, l’augmentation du coût de la vie et la difficulté de trouver une offre de logement adaptée à son pouvoir d’achat dans les grands centres urbains. Face à ces mutations, les appels se multiplient pour l’adoption de nouvelles politiques publiques visant à rétablir l’équilibre du marché.

 Parmi les pistes évoquées : encourager la production de logements destinés spécifiquement aux classes moyennes, élargir l’offre foncière et inventer des mécanismes de financement plus adaptés. L’avenir du secteur dépendra désormais de la capacité des acteurs publics et privés à concilier les besoins sociaux des citoyens avec la dynamique de l’investissement immobilier, afin de garantir un logement à des prix en adéquation avec les niveaux de revenu.