Le Maroc élu président du groupe de travail de l’Union africaine chargé de créer l’Observatoire africain de la sécurité routière

Avr 30, 2026 - 19:52
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Le Maroc élu président du groupe de travail de l’Union africaine chargé de créer l’Observatoire africain de la sécurité routière

Le Maroc a été élu jeudi à Johannesburg président du groupe de travail relevant du Comité technique spécialisé des transports et de l’énergie de l’Union africaine, chargé de la mise en place de l’Observatoire africain de la sécurité routière. Le directeur général de l’Agence nationale de la sécurité routière NARSA, Benacer Boulaajoul, a précisé que ce comité, qui comprend aux côtés du Maroc l’Afrique du Sud, la Sierra Leone, le Mozambique, la Namibie et l’Éthiopie, devrait tenir une réunion ministérielle avant la fin de l’année 2026.

Boulajoul, qui participe à la cinquième session ordinaire du Comité technique spécialisé des transports et de l’énergie de l’Union africaine organisée du 27 au 30 avril à Johannesburg, a animé une conférence sur la sécurité routière en Afrique. Il a souligné à cette occasion que l’engagement politique demeure une condition essentielle pour réaliser des progrès concrets en matière de sécurité routière sur le continent africain. Sans cet engagement, les stratégies internationales resteront lettre morte, car sans volonté politique, il est impossible d’avancer ou de sauver des vies. Le soutien politique est indispensable au développement, a-t-il ajouté, estimant que la participation de ministres, d’experts et de responsables africains à cette conférence illustre l’importance de la complémentarité entre décideurs politiques et acteurs de terrain.

Boulajoul a rappelé la participation de 100 ministres, dont 39 africains, et de plus de 5000 participants issus de 146 pays à la quatrième Conférence mondiale sur la sécurité routière tenue à Marrakech en février 2025. Il a salué cette mobilisation autour du thème « Nous nous engageons pour la vie ». Il a indiqué que la Déclaration de Marrakech, en cours d’adoption par l’Assemblée générale des Nations unies, a porté la voix de tous les pays du monde, notamment celle des pays africains. Il a également rappelé le lancement, pour la première fois, du Prix international Mohammed VI pour la sécurité routière, qui sera décerné lors des prochaines éditions des conférences ministérielles mondiales.

Se référant aux données du rapport mondial de l’Organisation mondiale de la santé de 2023, Boulajoul a précisé que la région africaine a enregistré 19 pour cent du total des décès dans le monde, soit 225 482 victimes. Plus de 50 pour cent d’entre elles appartiennent aux catégories d’usagers de la route les plus vulnérables. Alors que le nombre de décès a diminué de 5 pour cent au niveau mondial, 28 pays africains ont enregistré une hausse du nombre de victimes. Le continent affiche le taux de mortalité le plus élevé avec 19 décès pour 100 000 habitants. Ce que d’autres pays ont accompli dans la lutte contre ce fléau n’est pas hors de portée, a-t-il affirmé.

Nous en avons les mêmes capacités, et la voie à suivre est désormais claire. Il a évoqué la résolution 74/299 de l’Assemblée générale des Nations unies proclamant la Décennie d’action pour la sécurité routière 2021-2030, avec pour objectif de réduire d’au moins 50 pour cent les décès et les blessures dus aux accidents de la route. Le plan mondial définit les actions nécessaires pour atteindre cet objectif et appelle les gouvernements et les partenaires à mettre en œuvre une approche intégrée dite du Système sûr. Cette approche, qui place la sécurité au cœur du système de transport terrestre, insiste également sur la nécessité d’assurer une interaction entre les usagers de la route, les véhicules et les infrastructures selon les normes de sécurité les plus élevées.

La cinquième session ordinaire du Comité technique spécialisé des transports et de l’énergie, organisée par la Commission de l’Union africaine sous le thème « L’Afrique que nous construisons : les transports et l’énergie comme catalyseurs de la prospérité de l’Afrique », vise à renforcer la coordination et les politiques communes pour soutenir l’intégration continentale et la mise en œuvre de l’Agenda 2063. Cette rencontre a pour objectif d’accélérer l’agenda de l’intégration continentale en renforçant la coordination, les politiques et les investissements dans les infrastructures, en examinant les progrès du Programme de développement des infrastructures en Afrique PIDA, l’énergie durable à travers les solutions d’énergies renouvelables et l’accélération de la transition énergétique.

 Elle se concentre aussi sur le transport et la connectivité en promouvant l’interconnexion continentale et le développement du marché unique du transport aérien africain, ainsi que sur la planification future à travers les plans d’action sectoriels 2026-2027 et la stratégie des statistiques de l’énergie 2026-2031. Les participants ont également travaillé à l’adoption du plan d’action 2025-2027, au développement du secteur des transports en promouvant le transport aérien, ferroviaire, maritime et routier avec un accent sur la sécurité et la numérisation, et à la transition énergétique via l’examen des initiatives d’énergies renouvelables, l’intégration des marchés et le renforcement du rôle de la Commission africaine de l’énergie, ainsi que la mobilisation des financements pour soutenir la connectivité régionale et la transition vers des systèmes énergétiques propres et durables.

La délégation marocaine comprenait, outre Benacer Boulajoul, Tarek Talibi, directeur général de l’Aviation civile au ministère du Transport et de la Logistique, Abdelali Lafdawi, directeur des réseaux de transport, de stockage et de distribution de l’énergie au ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, Adel Bahi, directeur de la stratégie, du pilotage et de la coordination des modes de transport au ministère du Transport et de la Logistique, Mohamed Hamdi, directeur du Centre national d’études et de recherches routières au ministère de l’Équipement et de l’Eau, et Karim El Asfri, chef de la division de l’énergie durable à la direction de l’énergie durable et de l’efficacité énergétique au ministère de la Transition énergétique et du Développement durable.