Le Maroc s’affirme comme un pôle automobile majeur face au ralentissement de l’industrie espagnole

Jan 26, 2026 - 15:01
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Le Maroc s’affirme comme un pôle automobile majeur face au ralentissement de l’industrie espagnole

Alors que l’industrie automobile espagnole traverse une phase de ralentissement marquée par la baisse de la production et les incertitudes liées à la transition énergétique, le Maroc s’impose progressivement comme un acteur clé du secteur automobile en Méditerranée. La décision du groupe Stellantis de confier au Royaume la fabrication de la nouvelle génération de la Citroën C4 illustre de manière éloquente cette dynamique et confirme l’attractivité croissante de l’écosystème industriel marocain.

 Depuis plusieurs années, le Maroc a misé sur une stratégie industrielle ambitieuse, reposant sur le développement de zones industrielles intégrées, des infrastructures logistiques de haut niveau et une politique incitative favorable aux investisseurs étrangers. Les plateformes de Tanger Med et de Kénitra sont aujourd’hui considérées parmi les plus performantes de la région, offrant une connectivité optimale avec les marchés européens et africains.

Dans ce contexte, le choix de Stellantis de produire un modèle emblématique comme la Citroën C4 au Maroc ne relève pas du hasard. Le Royaume est désormais en mesure de répondre aux standards européens les plus exigeants en matière de qualité, de sécurité et de durabilité, tout en proposant des coûts de production compétitifs.

La disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée, formée aux technologies industrielles modernes, constitue également un atout majeur dans la décision des constructeurs automobiles internationaux. Cette montée en puissance du Maroc suscite toutefois une inquiétude croissante en Espagne, où les industriels et les responsables politiques observent avec attention le déplacement progressif de certaines chaînes de production vers le sud de la Méditerranée. Face à la concurrence marocaine, l’industrie automobile espagnole peine à maintenir son attractivité, confrontée à une hausse des coûts, à des contraintes réglementaires accrues et à un contexte économique plus incertain.

Au-delà de la simple délocalisation industrielle, le cas de la Citroën C4 symbolise une reconfiguration plus large de la carte automobile régionale. Le Maroc ne se contente plus d’un rôle d’atelier de sous-traitance, mais s’affirme comme une plateforme industrielle complète, capable de produire des véhicules à forte valeur ajoutée destinés aux marchés internationaux. À moyen et long terme, cette évolution pourrait renforcer la position du Royaume comme hub automobile stratégique entre l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient, tout en accentuant la pression concurrentielle sur les pays européens traditionnels du secteur.

Une transformation qui redessine les équilibres industriels et confirme la place centrale du Maroc dans l’avenir de l’automobile mondiale.