Le Maroc, une puissance régionale montante grâce à une stratégie diplomatique cohérente

Mar 14, 2026 - 18:02
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Le Maroc, une puissance régionale montante grâce à une stratégie diplomatique cohérente

Dans un article publié par le journal espagnol Atalayar, le journaliste et analyste politique Daniel Abascal affirme que depuis l’accession de Sa Majesté le Roi Mohammed VI au Trône en 1999, le Maroc s’est progressivement imposé comme une puissance régionale montante. À travers une analyse approfondie de la politique étrangère marocaine sur plus d’un quart de siècle, l’auteur explique comment le Royaume a réussi, dans un contexte international instable, à déployer une stratégie cohérente fondée sur ce qu’il appelle « l’intelligence de la position ». Le texte commence par décrire l’environnement géopolitique mondial en 2026.

Le système international n’est plus structuré autour d’un ordre stable, mais évolue vers une configuration multipolaire marquée par la rivalité entre grandes puissances, la fragmentation des alliances et la concurrence croissante pour les routes stratégiques et les technologies. Dans ce monde « post-occidental », les puissances moyennes acquièrent une influence qui dépasse leurs seules ressources matérielles. Dans ce contexte complexe, le Maroc a su tirer son épingle du jeu. Situé au carrefour des espaces euro-méditerranéen, atlantique et africain, le Royaume a transformé son héritage historique, sa stabilité institutionnelle, sa légitimité politique et sa position géographique en véritables leviers d’influence régionale. L’article insiste également sur la continuité historique de l’État marocain. Issu de plusieurs dynasties impériales successives, le Royaume figure parmi les plus anciennes structures institutionnelles encore actives dans le monde.

 La légitimité de la monarchie n’a jamais été interrompue, même durant la période du protectorat. Cette continuité a permis de construire un système décisionnel stable et une culture stratégique cohérente. Dans une région souvent marquée par des ruptures institutionnelles et des crises récurrentes, cette stabilité constitue un atout diplomatique majeur. Elle réduit les incertitudes pour les partenaires internationaux et renforce la crédibilité du Maroc sur la scène mondiale. La question du Sahara marocain occupe une place centrale dans la stratégie diplomatique du Royaume. Selon l’analyse de l’article, il ne s’agit pas d’un simple dossier territorial mais d’un élément structurant autour duquel s’articulent les choix diplomatiques, sécuritaires et de développement. Le plan d’autonomie proposé par le Maroc en 2007, puis enrichi en février 2026, est présenté comme une initiative visant à transformer un conflit de souveraineté en solution institutionnelle consensuelle.

Cette stratégie a permis de renforcer la reconnaissance internationale de l’initiative marocaine. Aujourd’hui, plus de 120 États membres des Nations Unies soutiennent ce plan, tandis que plus de 30 consulats ont été ouverts à Laâyoune et à Dakhla. Un moment clé est survenu le 31 octobre 2025 lorsque le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une résolution considérant le plan marocain comme la base principale d’une solution politique. L’article souligne également la diversification des partenariats internationaux du Maroc. Sans rompre avec ses alliances euro-atlantiques traditionnelles, Rabat a développé ce que l’auteur appelle une « diplomatie des réseaux », renforçant ses relations avec de nombreux acteurs en Afrique, en Asie et en Amérique latine. La relation stratégique avec les États-Unis est présentée comme un pilier historique.

Le Maroc fut le premier pays à reconnaître l’indépendance américaine et cette relation s’est consolidée au fil du temps, notamment dans les domaines sécuritaire, militaire, économique et technologique, avec l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange en 2006. Le retour du Maroc au sein de l’Union africaine en 2017 s’inscrit également dans cette logique d’expansion stratégique. L’Afrique constitue à la fois une profondeur géopolitique, un espace de développement économique et un cadre de légitimation pour la politique étrangère marocaine. L’article met également en avant la dimension atlantique de la stratégie du Royaume.

 Dans un monde où les routes maritimes et les hubs logistiques deviennent des enjeux majeurs, le Maroc développe plusieurs initiatives, notamment la coopération entre 22 États africains de la façade atlantique, l’accès des pays du Sahel à l’océan Atlantique et le projet de gazoduc Nigeria-Maroc-Europe. Sur le plan sécuritaire, le Maroc joue également un rôle important dans le maintien de la stabilité régionale. Plus de 51 000 soldats marocains ont participé à des missions de maintien de la paix de l’ONU dans plusieurs pays africains. Par ailleurs, la lutte contre le terrorisme repose sur une approche globale combinant sécurité, réforme religieuse et coopération internationale. L’auteur rappelle aussi la capacité du Maroc à gérer les transformations politiques régionales, notamment lors des mouvements du « Printemps arabe » en 2011, où le Royaume a choisi une voie de réformes institutionnelles progressives qui ont renforcé sa stabilité. La diplomatie marocaine s’appuie également sur la médiation et le dialogue.

 Le Maroc joue régulièrement un rôle de facilitateur dans plusieurs dossiers régionaux, notamment en Afrique et dans les processus politiques liés à la Libye. Enfin, l’article souligne l’importance croissante de la puissance douce marocaine. La diplomatie culturelle, religieuse et sportive contribue à renforcer l’influence du Royaume. Le modèle marocain d’islam modéré, les programmes de formation des imams, les festivals culturels et les musées participent à cette dynamique. Le rayonnement sportif et touristique constitue également un facteur d’attractivité. En 2025, le Maroc a accueilli près de 20 millions de visiteurs, confirmant sa position de première destination touristique en Afrique.

 En conclusion, l’article dresse le portrait d’un Maroc engagé dans une trajectoire ascendante, fondée sur la cohérence stratégique, la diversification des partenariats et une lecture fine des équilibres internationaux. Selon Daniel Abascal, le Royaume illustre comment une puissance moyenne peut transformer ses contraintes en opportunités et jouer un rôle significatif dans un système international de plus en plus multipolaire.