L’Union européenne relance les négociations avec le Maroc pour un nouvel accord de pêche
L’Union européenne a officiellement lancé un nouveau cycle de discussions avec le Maroc en vue de la conclusion d’un nouvel accord de pêche, ouvrant ainsi une phase décisive dans un dossier aux enjeux économiques, juridiques et géopolitiques majeurs.
Réunis cette semaine à Bruxelles, les ambassadeurs des États membres de l’Union ont donné leur aval à la Commission européenne pour engager des négociations formelles avec les autorités marocaines, dans l’objectif de remplacer l’accord précédent annulé par la justice européenne en 2024.
Cette décision marque une volonté claire des deux parties de préserver un partenariat stratégique de longue date. Le secteur de la pêche constitue en effet un pilier important de la coopération entre le Maroc et l’Union européenne, tant en matière d’accès aux ressources halieutiques que de retombées économiques et sociales pour les régions concernées.
Pour plusieurs pays européens, cet accord représente un levier essentiel pour leurs flottes, tandis que le Maroc y voit un instrument de valorisation durable de ses ressources maritimes et de soutien au développement local. Le précédent accord avait été invalidé par la Cour de justice de l’Union européenne, notamment en raison de considérations juridiques liées à son champ d’application et aux conditions de conformité avec le droit européen.
Cette annulation a contraint Bruxelles et Rabat à repenser les bases juridiques du futur partenariat, afin de garantir sa solidité et sa pérennité. Les nouvelles négociations devront ainsi intégrer les exigences légales européennes tout en respectant les intérêts stratégiques du Maroc. Au-delà de l’aspect strictement halieutique, ce dossier revêt une dimension géopolitique importante. Dans un contexte international marqué par des tensions économiques et des recompositions des alliances, l’Union européenne cherche à consolider ses relations avec des partenaires jugés stables et stratégiques au sud de la Méditerranée.
Le Maroc, de son côté, entend renforcer sa position en tant qu’acteur clé dans les relations euro-méditerranéennes. Les discussions à venir devraient porter sur plusieurs volets essentiels, notamment les conditions d’accès aux zones de pêche, la contrepartie financière, les mécanismes de contrôle et de durabilité, ainsi que l’impact socio-économique sur les communautés locales. Les deux parties affichent une volonté commune d’aboutir à un accord équilibré, conforme au droit international et bénéfique à long terme.
Si les négociations aboutissent, ce nouvel accord pourrait marquer une relance significative de la coopération entre le Maroc et l’Union européenne, tout en envoyant un signal politique fort sur la capacité des deux partenaires à surmonter les obstacles juridiques et à adapter leur coopération aux nouvelles réalités.
































