Aya Gold & Silver rate le consensus au T2 malgré une production record à Zgounder
Les chiffres du deuxième trimestre 2026 d'Aya Gold & Silver ont déçu le marché. Le producteur canadien, coté à Toronto et au Nasdaq, a publié jeudi 13 août un bénéfice ajusté de 0,23 dollar par action, loin des 0,3855 dollar attendus par les analystes, pour un chiffre d'affaires de 96,79 millions de dollars contre un consensus de 121 millions. À Wall Street, la sanction a été immédiate. Le titre a reculé de 3,34% en après-bourse à 36,19 dollars, après avoir clôturé à 37,44 dollars la veille. L'action reste toutefois proche de ses plus hauts annuels, dans une fourchette de 11,45 à 40,16 dollars sur un an. Le groupe pèse désormais 3,73 milliards de dollars de capitalisation pour un PER de 44,25. Pour la direction, le manque à gagner n'est pas opérationnel mais calendaire.
La baisse du cours de l'argent en fin de trimestre a conduit le groupe à décaler une partie de ses ventes à juillet. Le reliquat des stocks de Zgounder a ainsi été écoulé le mois suivant, comme l'a confirmé le directeur financier Ugo Landry-Tolszczuk, assurant que "les choses se déroulent très, très bien". Car sur le terrain, les fondamentaux restent solides. La production consolidée a atteint 1,68 million d'onces d'équivalent argent au deuxième trimestre, en bond de 61% sur un an et de 12% d'un trimestre sur l'autre.
Le chiffre d'affaires trimestriel ressort à 97 millions de dollars selon les comptes IFRS du groupe, soit +151% sur un an, avec un bénéfice net de 35 millions et un cash-flow opérationnel de 48 millions, multiplié par plus de six. Le prix de vente moyen s'est établi à 64,22 dollars l'once d'équivalent argent, en hausse de 90% sur douze mois. Zgounder, la mine d'argent phare du groupe au Maroc, a tourné au-delà de ses capacités nominales. Avec 4 880 tonnes extraites par jour en moyenne et 3 889 tonnes traitées quotidiennement, contre une conception initiale de 2 700 tonnes, le site a signé deux records trimestriels. La production du seul gisement a atteint 1,49 million d'onces d'argent, en hausse de 43% sur un an. À Boumadine, la contribution provient pour l'heure de la reprise du stock historique de pyrite entamée fin 2025.
Au T2, 17 153 tonnes titrant 179 g/t d'argent et 2,43 g/t d'or ont été retraitées, pour 187 784 onces d'équivalent argent produites à bas coût. Le projet polymétallique en lui-même reste en phase d'exploration. Cette opération de retraitement doit se poursuivre sur 20 à 24 mois à compter de novembre 2025. Sur six mois, le groupe affiche déjà 3,2 millions d'onces produites, 205 millions de dollars de revenus, 84 millions de bénéfice net et 119 millions de flux de trésorerie d'exploitation. La trésorerie est passée de 136 millions à fin décembre 2025 à 183 millions fin juin, avec un ratio de liquidité de 2,22. "En six mois, nous avons généré 119 millions de dollars de flux de trésorerie d'exploitation", a souligné le PDG Benoît La Salle.
Les objectifs annuels sont maintenus : 5,2 à 5,8 millions d'onces à Zgounder pour un cash-cost de 21,50 dollars l'once, et 1 million d'onces à Boumadine pour 10,10 dollars l'once. Le budget d'exploration reste à 60 millions de dollars. Les prochaines étapes sont chargées. Une étude économique préliminaire actualisée pour Boumadine, intégrant le nouveau modèle de ressources et les capex révisés, est attendue début septembre.
L'étude de faisabilité est prévue pour le premier semestre 2027. À Zgounder, un concasseur tertiaire et un trieur de minerai doivent être installés à l'automne, tandis que les premiers travaux préparatoires à Boumadine débuteront avant fin 2026. Le groupe a par ailleurs annoncé le 6 août l'acquisition de 3 licences minières et 18 permis d'exploration couvrant 259 km2 au Maroc, sur les projets Zagora, Agadir-Melloul et Goulmim. Depuis le 4 mai 2026, Aya Gold & Silver est cotée au Nasdaq en plus de Toronto et a intégré le 16 juin l'indice VanEck Gold Miners. Son conseil d'administration est présidé depuis juin par Ghislane Guedira.



































