Canicule en Europe : plus de 10 000 décès supplémentaires enregistrés fin juin
Les données officielles montrent que la vague de chaleur exceptionnelle qui a touché l’Europe de l’Ouest entre le 20 et le 28 juin a provoqué plus de 10 000 décès supplémentaires. La majorité des victimes sont des personnes âgées de 65 ans et plus, avec plus de 9 000 décès recensés dans cette tranche d’âge. Les experts qualifient cet épisode de plus intense jamais enregistré en Europe. Au-delà du bilan humain, la canicule a entraîné des perturbations dans la production d’électricité, des dégâts sur les infrastructures et une forte pression sur les systèmes de santé. "Il est difficile d’expliquer cette hausse des décès par un autre facteur que les températures extrêmement élevées", a déclaré le médecin Lasse Vestergaard, de l’Institut danois Statens Serum.
L’observatoire européen du climat Copernicus a indiqué que le mois de juin a été le plus chaud jamais enregistré en Europe de l’Ouest, alors que le continent faisait face à une nouvelle vague de chaleur. Selon les spécialistes, un tel épisode n’aurait pas été possible sans le changement climatique lié aux activités humaines, qui accroît la fréquence et l’intensité des vagues de chaleur. Les autorités sanitaires rappellent que les températures extrêmes peuvent entraîner des décès par coups de chaleur ou par aggravation de maladies cardiovasculaires et respiratoires. Les personnes âgées restent les plus exposées.
En France, les autorités ont placé dimanche plus d’un tiers des habitants en vigilance climatique maximale en raison de la persistance de la canicule. Près de 26 millions de personnes ont été placées en alerte rouge, le plus haut niveau émis par Météo-France. Le dispositif a été étendu à 37 départements en métropole, selon l’AFP. Il s’agit de la troisième vague de chaleur à toucher la France en deux mois. Elle devrait se poursuivre jusqu’à la mi-semaine prochaine. Le pays fait également face à une recrudescence des incendies de forêts.
Le président Emmanuel Macron a indiqué que la plupart de ces feux étaient d’origine humaine et a appelé à la plus grande vigilance. Selon la Sécurité civile, plus de 25 000 hectares sont partis en fumée depuis le début de l’année, soit près du double de la superficie brûlée à la même période en 2025. En Allemagne, 99 personnes sont mortes par noyade en juin, le bilan mensuel le plus élevé depuis la canicule de 2003. Plusieurs régions ont enregistré des températures record atteignant 41,7°C. Dans un communiqué publié dimanche, la Société allemande de sauvetage aquatique (DLRG) précise que le pays n’avait pas enregistré un tel nombre de victimes depuis juin 2003, avec 107 décès.
La majorité des victimes sont des jeunes hommes. En Espagne, un incendie de forêt survenu dans la localité de Los Gallardos, près d’Almeria en Andalousie, a fait au moins 11 morts. La Garde civile et la Protection civile ont indiqué que trois corps ont été retrouvés carbonisés dans des véhicules et huit autres près de la route menant à Bedar. Une enquête a été ouverte pour identifier les victimes. L’équipe médico-légale spécialisée dans les catastrophes poursuit ses opérations sur place.
Partout en Europe de l’Ouest, le mois de juin a été marqué par des températures inédites, entraînant des centaines de décès supplémentaires liés à la chaleur extrême.


































