Ceuta : l’Espagne déploie des centres d’urgence face à l’afflux migratoire

Août 20, 2026 - 12:19
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Ceuta : l’Espagne déploie des centres d’urgence face à l’afflux migratoire

Jeudi, Madrid a inauguré deux structures temporaires à Ceuta pour héberger les migrants contraints de dormir à même le sol et sur la plage du Trampolin après l’arrivée massive des 30 et 31 juillet. La zone comptait environ 1 800 personnes. Au matin, 1 500 d’entre elles avaient déjà été dirigées vers les nouveaux centres. L’évacuation s’est faite sur la base du volontariat, en coordination avec les forces de l’ordre et les autorités locales, afin d’assurer des conditions d’accueil sûres. Deux autres sites sont prévus dans les prochains jours. L’objectif : disposer de quatre centres au total, avec une capacité de départ de 1 500 places, qui pourra être portée à 4 000 si nécessaire.

Le gouvernement a alloué 6,5 millions d’euros à l’aide humanitaire, confiée en grande partie à la Croix-Rouge. Depuis le 3 août, près de 4 000 rations alimentaires sont distribuées chaque jour et plus de 4 000 interventions socio-sanitaires ont été réalisées. Parallèlement, Madrid organise le transfert vers le continent de 500 mineurs vulnérables, en majorité des jeunes filles. Tandis que le Parti populaire exige l’expulsion des personnes restantes, Rubén Pérez Correa, secrétaire d’État à la Jeunesse et à l’Enfance, rappelle que le droit interdit les expulsions collectives de mineurs et insiste sur la nécessité d’une prise en charge adaptée pour les enfants non accompagnés.

 Le 30 et 31 juillet, quelque 72 000 personnes avaient rejoint Ceuta depuis le Maroc, certaines à la nage, dans un mouvement inédit et tragique vers cette enclave espagnole du nord de l’Afrique. D’après les données gouvernementales reprises par la presse, environ 70 000 sont reparties vers le Maroc dans les heures ou jours suivants. Il resterait cependant plusieurs milliers de personnes sur place. Aucun chiffre officiel consolidé n’a été publié. On y trouve des femmes et des mineurs isolés, non expulsables collectivement. Depuis près de trois semaines, certains survivent dans la rue, sur les plages ou dans des campements improvisés, avec peu d’accès à l’eau potable, à la nourriture et aux installations sanitaires.