Crise migratoire à Ceuta : Pedro Sanchez saisit Bruxelles et réclame une réunion d’urgence des ministres de l’Intérieur de l’UE
L’Espagne porte la crise migratoire de Ceuta devant les institutions européennes. Dans une lettre adressée à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez a demandé la convocation en urgence d’une réunion des ministres de l’Intérieur des 27 pays membres afin de définir une position européenne unifiée. Le Premier ministre espagnol a exprimé son "vif inquiétude" face aux réactions de certains gouvernements européens après l’arrivée d’environ 50.000 migrants de manière irrégulière dans la ville occupée de Ceuta.
Il a dénoncé un manque de solidarité européenne, rappelant que "la protection des frontières extérieures de l’Union est une responsabilité partagée par tous les Etats membres". Pedro Sanchez a toutefois souligné que Madrid a réussi à rétablir le contrôle aux frontières, à assurer l’aide humanitaire et à procéder au retour de la majorité des personnes entrées. Il a précisé que cette opération a été menée "en coordination avec le Maroc", précisant que plus de 48.000 personnes sur les quelque 50.000 arrivées ont été reconduites vers le Maroc. De son côté, le ministre espagnol de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska a défendu la gestion du gouvernement.
Il a affirmé que la situation a été maîtrisée en peu de temps et a critiqué les positions de certains pays européens, les appelant à faire preuve de plus de solidarité. Il a qualifié certaines prises de position hostiles à l’Espagne de "peu soutenables". Alors que les répercussions de la crise se poursuivent, les autorités espagnoles ont fait état d’au moins 67 décès enregistrés lors de tentatives de traversée vers l’Espagne. Les dispositifs de sécurité restent renforcés aux frontières, notamment par le rehaussement des barrières dans la zone de Tarajal.
La crise de Ceuta relance le débat au sein de l’UE sur la gestion des flux migratoires irréguliers et sur la répartition des charges entre Etats membres. Madrid réclame un soutien européen plus conséquent pour faire face aux pressions migratoires sur sa frontière sud.



































