Exploration offshore : Murphy Oil érige le Maroc en zone prioritaire et mise sur Gharb Deep
Le Maroc gagne en visibilité dans la stratégie internationale de Murphy Oil Corporation. Le groupe américain a annoncé, à l’occasion de la publication de ses résultats du deuxième trimestre 2026, avoir retenu le royaume comme l’une de ses quatre destinations prioritaires en matière d’exploration, au même titre que le golfe d’Amérique, la Côte d’Ivoire et le Vietnam. Cette nouvelle position consacre Gharb Deep Offshore comme principal actif du groupe au Maroc. Le périmètre comprend dix permis de recherche attribués sur la façade atlantique nord-ouest, pour une superficie totale de 16.989,9 km².
Murphy détient 75% des droits, le solde de 25% revenant à l’ONHYM. Pour donner l’échelle, la compagnie évoque plus de 4 millions d’acres, l’équivalent de plus de 700 blocs du golfe d’Amérique. L’accord a été paraphé le 22 janvier 2026. Il prévoit une première période d’exploration de trois ans sans "engagement ferme de forage". Le volet réglementaire a été bouclé le 3 avril avec l’arrêté conjoint n° 753-26 signé par Leïla Benali et Nadia Fettah, validant l’accord pétrolier avec Murphy Morocco Oil Co., Ltd. Les dix autorisations définitives, de n° 997.26 à 1006.26, ont été délivrées le 19 mai, avec effet rétroactif au 3 avril 2026.
Le découpage officiel fait apparaître dix zones distinctes, de Gharb Deep Offshore I à X, dont les superficies vont de 1.181,6 km² à 1.984,8 km². L’ensemble correspond exactement à l’emprise annoncée par l’ONHYM. Dès la signature en janvier, Eric Hambly, PDG de Murphy, avait mis en avant l’attractivité du bassin marocain, décrit comme "peu exploré" et offrant des conditions d’entrée compétitives. Les équipes techniques se concentrent actuellement sur la réinterprétation des données géologiques et le retraitement de la sismique ancienne. Un premier objectif a déjà été identifié : une grande structure géologique à quatre fermetures, non encore forée, avec une priorité donnée à une cible pétrolière.
Murphy estime qu’il faut environ un an pour finaliser les travaux préparatoires. Un forage ne serait programmé qu’après confirmation d’une cible, au plus tôt en 2028. Dans le document présenté en août, le groupe réaffirme cette orientation. Le Maroc y figure seul sur la carte mondiale aux côtés de trois autres foyers, dans un portefeuille décrit comme "basé sur les données" et articulé autour de projets en eaux peu profondes et profondes, entre pétrole conventionnel et nouvelles ressources.




































