IA et école : le Conseil supérieur de l’éducation appelle à un cadre national pour encadrer l’usage de l’intelligence artificielle
Le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique a recommandé, vendredi à Rabat, la mise en place d’une stratégie nationale pour intégrer l’intelligence artificielle dans l’éducation. Cette position a été exprimée lors d’une table ronde tenue dans le cadre de la participation du CSEFRS au 31e Salon international de l’édition et du livre. La rencontre, organisée sous le thème Intelligence artificielle et éducation : enjeux et pistes de réflexion, a réuni plusieurs experts qui ont défendu une gouvernance éthique et souveraine de l’IA générative dans les domaines de l’enseignement, de la formation et de la recherche.
Le secrétaire général du CSEFRS, Fouad Chafiqi, a souligné que l’arrivée de l’IA provoque une mutation qui impacte les dimensions cognitives et émotionnelles des élèves. Il a pointé un écart entre une pédagogie fondée sur l’effort et la durée, et la réponse immédiate que propose l’IA générative. Il a alerté sur le danger d’une dépendance technologique et d’un affaiblissement de l’effort intellectuel, si aucun cadre de référence ne vient préciser les usages permis et interdits de cette technologie. Selon lui, l’absence de normes claires met en péril l’intégrité du parcours éducatif, du primaire au supérieur.
Il a appelé à une action rapide pour préserver l’identité de l’école marocaine face à une automatisation qui s’impose sans régulation dans les habitudes des apprenants. Pour Hamid Bouchikhi, président du groupe spécial de travail sur l’IA dans l’éducation au CSEFRS, cette recommandation répond à l’usage croissant de l’IA générative par les élèves et les enseignants, alors que l’encadrement institutionnel reste en retrait. L’avis du Conseil entend fournir au Maroc un cadre national permettant de mettre l’IA au service de la réforme éducative, avec l’humain au centre des priorités.
Il a présenté l’approche progressive proposée par le CSEFRS : protéger le développement cognitif au primaire, développer l’esprit critique au secondaire et garantir l’intégrité académique dans le supérieur. Cette démarche s’accompagne d’une exigence de souveraineté numérique, qui passe par la protection des données personnelles et un accès équitable aux technologies. La présence du CSEFRS au SIEL 2026 relève de ses missions constitutionnelles.
Elle traduit aussi sa volonté d’ouverture et son engagement à nourrir le débat public sur l’avenir de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique, afin de mobiliser la société autour de l’école marocaine.




































