Le Maroc ciblé par le fonds africain ATAF pour accélérer la transition énergétique

Août 17, 2026 - 16:55
 0
.
Le Maroc ciblé par le fonds africain ATAF pour accélérer la transition énergétique

Le Maroc a été retenu parmi les marchés prioritaires du Fonds africain d’accélération de la transition, ATAF, selon un rapport publié le 14 août par le Groupe de la Banque africaine de développement. Daté de juillet, ce document place le Royaume dans un groupe restreint de treize pays appelés à concentrer les investissements du nouveau véhicule panafricain de capital-investissement géré par African Infrastructure Investment Managers, AIIM. Doté d’un objectif de levée de 200 millions de dollars avec un plafond fixé à 300 millions, l’ATAF ambitionne de financer des infrastructures liées à la transition énergétique sur le continent.

Le fonds entend combler un vide là où les capitaux privés se font encore rares, en intervenant dans des secteurs jugés stratégiques pour la décarbonation de l’économie africaine. Aux côtés du Maroc figurent le Botswana, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, le Ghana, le Kenya, la Namibie, le Nigeria, le Sénégal, l’Afrique du Sud, la Tanzanie, l’Ouganda et la Zambie. La BAD présente ces pays comme des marchés à fort potentiel, sans toutefois préciser d’enveloppe dédiée au Royaume ni citer de projet concret à ce stade.

Concrètement, l’ATAF prévoit de construire sur cinq ans un portefeuille de dix à quinze opérations. Les tickets d’entrée devraient osciller entre 10 et 45 millions de dollars par investissement. Le fonds s’inscrit dans une perspective de dix ans, renouvelable trois fois pour une année, sous réserve de l’aval du comité consultatif des investisseurs. L’idée est d’apporter à la fois des capitaux de démarrage et des financements de croissance pour accélérer des projets qui peinent encore à attirer les investisseurs classiques. La stratégie d’investissement couvre neuf domaines prioritaires.

Elle va de la production d’électricité renouvelable au stockage par batteries, en passant par le transport d’électricité et l’efficacité énergétique. Le fonds s’intéresse aussi aux technologies permettant de convertir l’électricité en molécules, avec un focus particulier sur l’hydrogène vert, l’ammoniac vert, les biocarburants, le biométhane et le biogaz. La mobilité électrique, les flottes de véhicules électriques et le déploiement d’infrastructures de recharge complètent ce périmètre. AIIM, qui administre déjà plus de trois milliards de dollars d’actifs et compte plus de quarante professionnels répartis dans cinq bureaux régionaux, privilégiera des projets s’appuyant sur des technologies éprouvées et à faible risque technologique.

 L’inscription du Maroc parmi les marchés cibles de l’ATAF confirme l’attractivité du Royaume dans le domaine des énergies propres. Entre ses grands chantiers dans le solaire, l’éolien et l’hydrogène vert, le pays s’impose de plus en plus comme une plateforme régionale pour les investisseurs souhaitant accompagner la transition énergétique en Afrique.