Le Maroc déploie une stratégie économique ambitieuse en Bolivie pour sécuriser le lithium
Le Maroc engage une offensive économique d’envergure en direction de la Bolivie, avec en ligne de mire une ressource désormais centrale dans l’économie mondiale des technologies électriques: le lithium. Ce repositionnement stratégique intervient dans le sillage du rétablissement des relations diplomatiques entre Rabat et La Paz, ouvrant la voie à une coopération bilatérale structurée et ambitieuse. Cette nouvelle dynamique repose sur la mise en place progressive d’une architecture de partenariat fondée sur des intérêts industriels et commerciaux étroitement imbriqués.
Elle devrait notamment se traduire par l’ouverture d’ambassades dans les deux capitales, marquant une étape décisive dans la consolidation des relations entre les deux États. L’ambassadeur du Maroc auprès de la Bolivie et du Pérou, Amin Chaoudri, a ainsi souligné que le Royaume «travaille à une feuille de route orientée vers une coopération multisectorielle». Il a insisté sur le fait que ce rapprochement repose sur «les principes d’égalité souveraine, de respect mutuel et de coopération constructive». Fort d’une industrie automobile en pleine expansion, le Maroc inscrit sa recherche de matières premières dans une logique industrielle intégrée.
Avec une production avoisinant les 700 000 véhicules par an, le Royaume voit ses besoins en lithium croître de manière significative, ce minerai étant essentiel à la fabrication des batteries électriques. Dans ce contexte, les importantes réserves boliviennes apparaissent comme une opportunité stratégique majeure. Rabat entend ainsi sécuriser ses approvisionnements afin de consolider sa position dans la chaîne de valeur de l’industrie automobile et des technologies propres.
Au-delà de l’enjeu du lithium, la coopération maroco-bolivienne s’inscrit dans une approche plus globale. Elle englobe plusieurs secteurs clés, notamment le commerce, l’agriculture, le tourisme et le transfert d’expertise. Selon Amin Chaoudri, les deux pays disposent de complémentarités significatives, en particulier dans les échanges de produits agricoles et miniers.










































