Projet du Gazoduc Atlantique : le Maroc et le Nigeria préparent la prochaine phase

Mai 13, 2026 - 19:24
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Projet du Gazoduc Atlantique : le Maroc et le Nigeria préparent la prochaine phase

Le Maroc et le Nigeria poursuivent leur coordination autour du Gazoduc Africain Atlantique, un projet énergétique structurant qui vise à connecter l’Afrique de l’Ouest aux marchés européens. Les deux capitales travaillent désormais à la conclusion d’un accord intergouvernemental avant la fin 2026, une étape qui marquerait le passage du projet à une phase opérationnelle après l’achèvement des études techniques préliminaires. La signature de cet accord est envisagée lors d’une rencontre à venir entre le Roi Mohammed VI et le président nigérian Bola Tinubu.

Cette orientation a été évoquée lors d’un échange téléphonique le 8 mai entre Nasser Bourita et Bianca Odumegwu-Ojukwu, respectivement chefs de la diplomatie marocaine et nigériane, qui ont passé en revue l’agenda de coopération bilatérale sur ce dossier stratégique. Le Gazoduc Africain Atlantique est conçu comme l’un des plus grands chantiers d’infrastructures énergétiques en Afrique. Il prévoit la construction d’un pipeline mixte offshore et onshore s’étendant sur environ 6 900 kilomètres le long de la côte atlantique. L’itinéraire traversera plusieurs pays ouest-africains avant d’atteindre le Maroc, avec une extension possible vers l’Europe.

 La capacité annuelle du pipeline est estimée à 30 milliards de mètres cubes de gaz. Près de la moitié de ce volume serait destinée à couvrir les besoins du Maroc et à alimenter les exportations vers le continent européen. Au-delà de l’approvisionnement énergétique, le projet est présenté comme un moteur d’intégration régionale. Les États traversés devraient bénéficier d’un meilleur accès au gaz naturel, ce qui pourrait favoriser l’électrification, le développement industriel et le renforcement de la compétitivité économique le long du corridor. Ce chantier intervient alors que la carte énergétique mondiale est en pleine recomposition. Face aux tensions sur l’approvisionnement consécutives à la guerre en Ukraine, l’Europe accélère la diversification de ses sources de gaz, tandis que plusieurs pays africains cherchent à valoriser davantage leurs réserves gazières.

 Pour Rabat, le gazoduc consolide l’ambition de devenir une plateforme énergétique entre l’Afrique et l’Europe. Le Royaume mise depuis plusieurs années sur le déploiement d’infrastructures dans le gaz, l’électricité et les énergies renouvelables afin d’asseoir ce positionnement. Les discussions bilatérales couvrent aussi d’autres secteurs. Le Maroc et le Nigeria ont abordé la coopération dans l’industrie des engrais, un domaine clé pour la sécurité alimentaire africaine. Abuja suit avec intérêt cette piste, alors que le Maroc dispose, via OCP Group, d’une capacité de production phosphatée de premier plan à l’échelle mondiale.

Les deux pays ont également souligné l’importance de relancer le Conseil d’affaires Maroc-Nigeria pour dynamiser les échanges et les investissements. L’objectif est de saisir les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine et de s’appuyer sur l’accord de non-double imposition déjà en place.