Khouribga : l’explosion de deux bassins de lavage du phosphate provoque une catastrophe agricole et environnementale
Une catastrophe environnementale et agricole a frappé mardi matin la commune de Mfassis, près de Khouribga, après l’explosion de deux bassins destinés au lavage du phosphate et à l’assainissement industriel appartenant à l’Office Chérifien des Phosphates. L’incident s’est produit dans la zone située entre Khouribga, Oued Zem et Fkih Ben Salah. L’explosion a entraîné des inondations massives qui ont submergé de vastes étendues agricoles. Des quantités importantes d’eau chargée de résidus et de boues industrielles se sont déversées sur les terres voisines, noyant des champs d’oliviers et d’arbres fruitiers.
Des parcelles de blé, d’orge et d’autres cultures récemment récoltées ont également été détruites. Les eaux issues des deux bassins ont coupé la route reliant la commune d’El Fakra, dans la province de Khouribga, à la zone de Beni Oukil, dans la province de Fkih Ben Salah, provoquant un mouvement de panique parmi les habitants. L’accident a ravivé les inquiétudes concernant les normes de sécurité en vigueur dans les installations industrielles de l’OCP, particulièrement celles situées à proximité des zones habitées et des terres agricoles. Des agriculteurs et éleveurs de la région font état de pertes considérables. Les eaux boueuses ont recouvert des champs de céréales et de cultures de printemps, détruisant totalement les récoltes à cause des dépôts de phosphates et de boue.
Des dizaines de têtes de bétail, ovins et bovins, ont péri, prises au piège dans la boue ou emportées par les flots. Des pertes jugées lourdes pour les petits agriculteurs dont l’élevage et l’agriculture constituent la principale source de revenus. Les sinistrés s’inquiètent également des effets possibles des eaux utilisées pour le lavage du phosphate sur la qualité des sols et de la nappe phréatique, d’autant que des produits chimiques et des pesticides sont employés pour le traitement des matériaux extraits des bassins sédimentaires de Khouribga, Fkih Ben Salah et Oued Zem. Face à la colère et à la confusion qui règnent parmi la population, des voix s’élèvent pour réclamer l’ouverture d’une enquête urgente afin de déterminer les responsabilités et les causes de l’incident.
Les habitants demandent aussi une indemnisation pour les agriculteurs et éleveurs touchés, estimant que l’agriculture et l’élevage représentent leur unique source de subsistance. Ils exigent par ailleurs le nettoyage des boues, la réhabilitation des terres endommagées, la sécurisation des bassins industriels et la révision des infrastructures de lavage du phosphate, en les éloignant des zones habitées. Cet incident relance le débat sur les normes de sécurité environnementale et la protection des terres agricoles face aux activités industrielles. De nombreux sinistrés estiment que l’activité du groupe génère d’importants bénéfices dans la région, alors que les agriculteurs subissent les conséquences de ses rejets.
Les autorités locales et les équipes de sécurité de l’OCP sont intervenues rapidement sur les lieux. Des bulldozers ont été mobilisés pour ériger des digues de terre afin de limiter la propagation des eaux. Les habitants des zones situées le long du cours d’eau formé par les inondations ont été invités à évacuer, tandis que certains tentaient de sauver leur bétail.





































