Tomates marocaines : exportations record de 745 000 tonnes et montée en gamme confirmée
La campagne agricole 2024-2025 a marqué une progression inédite pour la filière marocaine de la tomate. Les exportations ont atteint un niveau record de près de 745 000 tonnes, confirmant la position du Royaume comme acteur international majeur et troisième fournisseur du marché européen, derrière l’Espagne et les Pays-Bas. Cette performance couronne une trajectoire de croissance soutenue, avec une hausse proche de 80 pour cent sur la dernière décennie, selon les données professionnelles et les plateformes de suivi des marchés mondiaux.
L’enjeu marocain ne se limite plus à l’augmentation des volumes. Il s’étend désormais à une transformation qualitative vers des produits à forte valeur ajoutée, comme les tomates cerises et baby plum qui représentent 59 pour cent du total des expéditions, avec une croissance de 35 pour cent au cours des deux dernières années. Sur le plan géographique, la France reste la première destination et absorbe plus de la moitié des exportations, servant de plateforme de transit vers le reste du continent.
Dans le même temps, les exportateurs marocains renforcent leur présence sur le marché allemand, où la part du Maroc a doublé pour atteindre 18 pour cent. Une tendance claire se dégage vers l’adoption de circuits de distribution directs afin de réduire le rôle des intermédiaires et d’améliorer la compétitivité. Le paysage est marqué par la domination des grands opérateurs basés dans la région de Souss Massa. Dix entreprises concentrent environ 65 pour cent de l’activité export, avec des stratégies diversifiées qui intègrent le Royaume-Uni et l’Afrique en plus des débouchés traditionnels.
Malgré ces indicateurs positifs, la filière reste confrontée à des défis structurels liés au changement climatique. Le stress hydrique pousse les producteurs à recourir au dessalement de l’eau de mer comme alternative stratégique, ce qui contribue à augmenter les coûts de production. S’ajoutent les pressions liées à la hausse des prix de l’énergie et au manque de main-d’œuvre, plaçant la durabilité de cette croissance sous le signe de l’efficacité dans la gestion des ressources et la maîtrise des coûts d’exploitation.




































