Transition énergétique : le Maroc double ses capacités renouvelables, mais le peloton mondial s’échappe

Mai 3, 2026 - 12:23
 0
.
Transition énergétique : le Maroc double ses capacités renouvelables, mais le peloton mondial s’échappe

Avec 4 871 MW de capacités renouvelables installées à fin 2025, le Maroc a quasiment multiplié par deux son parc en moins de dix ans. Ce chiffre, publié par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables dans son rapport Renewable Capacity Statistics 2026, confirme la régularité de la stratégie énergétique marocaine, tirée par le solaire et l’éolien. Le cap est tenu, les projets avancent, les fondations sont solides. Pourtant, le tableau global change de dimension. L’IRENA indique que le monde a ajouté 692 GW de renouvelables en 2025, un record absolu.

 Le solaire porte l’essentiel de cette croissance et les énergies vertes représentent désormais près de 49 pour cent de la puissance électrique installée sur la planète. Le système énergétique mondial bascule, et il bascule vite. La question pour le Maroc n’est plus de savoir s’il progresse, mais s’il progresse assez vite pour rester dans la course. En Afrique, le Royaume fait figure de référence. Le continent atteint 82 GW de capacités renouvelables en 2025, un niveau en hausse mais qui pèse peu à l’échelle mondiale, selon l’IRENA. Le Maroc garde donc une longueur d’avance dans sa région.

Mais cette avance relative ne doit pas masquer une réalité : les moteurs de la transition sont ailleurs. La Chine, les États-Unis et l’Union européenne captent près de 80 pour cent des nouvelles capacités installées. Ils imposent le rythme, les coûts, les technologies et les normes industrielles. Le Maroc, lui, suit une autre voie. Moins de course au volume, plus de structuration progressive d’un mix énergétique cohérent et adapté à ses besoins. Pour le Maroc, le prochain palier est donc qualitatif. Après avoir posé les bases de la production, il faut investir dans les lignes, les interconnexions, le stockage et les nouveaux vecteurs comme l’hydrogène vert.

 La transition énergétique est devenue un sujet de souveraineté. L’enjeu n’est plus d’avoir une bonne trajectoire, mais de transformer cette trajectoire en avantage économique et stratégique durable.