Transbordement : Assarmatori et le PPE réclament une exemption carbone pour les ports européens menacés
Le débat sur l’impact du système européen d’échange de quotas d’émission (SEQE) sur le secteur maritime s’intensifie. Assarmatori, l’association des armateurs italiens, alerte sur les effets du SEQE concernant le transbordement. Il s’agit de ces cargaisons en provenance de pays tiers qui arrivent dans un port européen avant d’être réexpédiées vers une destination finale hors UE. Selon l’organisation, ce trafic fait pression sur l’emploi portuaire européen et affaiblit la maîtrise des chaînes d’approvisionnement par les États membres.
Pour y remédier, Assarmatori propose d’exempter du SEQE toutes les émissions liées aux opérations de transbordement. Le Parti Populaire Européen (PPE), principale force de droite au Parlement européen, va dans le même sens. Il propose de soustraire aux coûts carbone les ports européens les plus exposés à une perte d’activité de transbordement, en particulier en Italie et en Espagne. Du côté de la Commission européenne, le dossier est à l’étude. Un responsable européen a indiqué qu’aucune décision claire n’avait encore été prise.
En parallèle, les armateurs demandent que les recettes du SEQE soient davantage orientées vers le financement des carburants maritimes moins carbonés. Une revendication qui entre en tension avec la position de l’ECSA, l’Association des armateurs de la Communauté européenne. Selon elle, seuls 5% des revenus du dispositif devraient être alloués au secteur maritime pour sa décarbonation.
Le sujet illustre la difficulté de concilier objectifs climatiques et compétitivité des ports européens, dans un contexte où la concurrence des hubs hors UE reste forte.


































