Algérie : au moins 73 morts dans des incendies à Jijel

Août 28, 2026 - 20:18
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Algérie : au moins 73 morts dans des incendies à Jijel

En l’espace de quarante-huit heures, mercredi et jeudi derniers, des incendies d’une ampleur inédite ont ravagé la région, laissant derrière eux un bilan humain et matériel que l’Algérie n’avait jamais connu. Le bilan provisoire fait état d’au moins 73 morts, selon les autorités de la commune de Béni Habib. Un chiffre qui pourrait encore grimper, les opérations de recherche se poursuivant pour retrouver plusieurs disparus. Vendredi, après la prière, une inhumation collective de 39 victimes a eu lieu à Djemaâ Béni Habib, à l’ouest de Jijel. Dans une atmosphère de recueillement, le Premier ministre Saïfi Gharib a assisté à la cérémonie aux côtés de milliers de citoyens venus saluer une dernière fois leurs proches.

Les témoignages dépeignent une catastrophe fulgurante. Un habitant raconte la disparition de 21 membres d’une même famille dans les hauteurs de Béni Habib. Ailleurs, des familles entières ont été anéanties par les flammes. Les secours ont repêché des corps dans un état de calcination avancé, preuve de la violence avec laquelle le feu s’est abattu sur les villages. Les localités de Djemaâ Béni Habib, Tassoust, Bordj T’har, Oulad Asker, Bouraoui Belhadef, Sidi Maârouf, El Milia, El Chenna, Texenna et Chekfa ont vécu deux jours comparables à un "jour d’apocalypse". Portés par le vent, les incendies se sont propagés d’un village à l’autre à une vitesse effrayante, ne laissant derrière eux que ruines et cendres. Plusieurs victimes ont perdu la vie en tentant d’évacuer leur maison ou en voulant sauver leur bétail et leurs récoltes.

 Le docteur Haroun Boudjit a lui-même relaté sur les réseaux sociaux des scènes qu’il dit "impossibles à décrire", où le feu a surpris les habitants en quelques minutes, sans leur laisser le temps de fuir. Au-delà des pertes humaines, le désastre écologique est immense. Près de 80 % du couvert forestier de Jijel aurait été détruit. Un coup terrible pour une région qui vivait au rythme de ses montagnes verdoyantes et de son tourisme estival. Aujourd’hui, les plages sont couvertes de fumée, l’air est saturé de cendres et le silence a remplacé la vie.

 Alors que les pompiers continuent de lutter contre quelques foyers résiduels, Jijel entre dans une longue phase deuil et de reconstruction. La wilaya qui accueillait chaque été des dizaines de milliers de visiteurs n’est plus la même. Elle panse ses plaies et pleure ses morts.