L’Italie veut exclure le Maroc du "made in Europe" automobile
L’Association des équipementiers italiens, l’Anfia, mène une campagne active auprès de Bruxelles pour revoir les critères du futur Industrial Accelerator Act. Présenté le 4 mars par la Commission européenne, ce règlement doit permettre de flécher davantage d’aides publiques et de commandes vers les usines implantées dans l’UE. L’objectif affiché est de défendre le secteur automobile européen contre la montée en puissance de la Chine. Mais pour l’Anfia et son président Roberto Vavassori, la mouture actuelle du texte est trop souple. Elle risque, selon l’association, de profiter à des pays qui bénéficient d’accords commerciaux avec l’Europe sans pour autant y produire.
Le Maroc est nommément pointé, avec la Turquie et l’Algérie. Pour corriger cela, l’Anfia propose deux verrous. Le premier est d’exiger que la transformation finale d’une pièce soit réalisée sur le territoire européen. Le second est d’instaurer une règle des 70% de valeur ajoutée d’origine UE pour qu’un équipement puisse être considéré comme européen. Cette offensive italienne tombe au moment où les relations commerciales entre l’Italie et le Maroc sont au plus haut. Entre janvier et mars 2026, Rome a exporté pour 75,4 millions d’euros de véhicules et de composants vers le Royaume.
C’est 176% de plus qu’un an plus tôt. Les seules ventes de pièces détachées ont grimpé de 216%. Si la Commission retient ces amendements, les conséquences pour le Maroc pourraient être lourdes. L’attractivité des sites marocains repose en grande partie sur leur intégration aux chaînes de valeur européennes. Ne plus être compté dans le "contenu local" européen affaiblirait la position du Royaume auprès des grands constructeurs.










































