États-Unis : une juge bloque jusqu’aux élections de novembre le décret de Trump sur le vote par correspondance
La bataille juridique autour du vote par correspondance aux États-Unis vient de connaître un nouvel épisode. Une juge fédérale de Boston a décidé de prolonger la suspension du décret signé par Donald Trump, et ce jusqu’aux élections de mi-mandat prévues le 3 novembre. La magistrate avait déjà gelé pour deux semaines, le 27 août, les nouvelles règles imposées par la Poste américaine USPS concernant l’envoi des bulletins. Dans sa décision rendue vendredi, elle repousse cette suspension jusqu’au jour du scrutin. Pour justifier son choix, la juge avance un argument de calendrier.
Elle estime qu’il est "pratiquement impossible" pour les responsables locaux et des États d’appliquer ces nouvelles procédures en si peu de temps. Selon elle, la "myriade d’obstacles" posés par le texte, publié le 21 août soit à moins de 70 jours du vote, risque de priver "des millions de citoyens américains de leur droit de vote". L’administration Trump n’a pas tardé à réagir. Elle a fait appel de cette décision vendredi. La veille, la Maison Blanche avait déjà saisi la Cour suprême, à majorité conservatrice, pour contester la première suspension. Au cœur du bras de fer, le décret présidentiel signé le 31 mars.
Il chargeait les services de l’immigration et de la Sécurité sociale de constituer une liste fédérale des électeurs. La Poste ne devait ensuite envoyer les bulletins de vote par correspondance qu’aux personnes inscrites sur cette liste. Objectif affiché par Trump : empêcher des étrangers de voter, un risque que le camp républicain met régulièrement en avant alors que les cas recensés restent extrêmement marginaux selon les données officielles. Le président américain critique depuis des années le vote par correspondance.
Il l’avait désigné comme l’une des causes principales de sa défaite de 2020 face à Joe Biden, une défaite qu’il conteste toujours. Le timing inquiète aussi au sein de l’USPS. Mardi, un lanceur d’alerte a alerté sur le nouveau système informatique voulu par la Poste. S’il est déployé, il pourrait, d’après lui, empêcher des millions d’Américains de voter en novembre. L’enjeu est d’autant plus grand que le vote par correspondance s’est imposé. Près d’un tiers des électeurs y ont eu recours en 2024, d’après States United.
Et l’envoi des premiers bulletins a déjà commencé dans plusieurs États. Pour les républicains, le risque politique est réel. L’impopularité de Donald Trump fait craindre au parti une perte de la majorité à la Chambre des représentants, et même au Sénat, lors de ce scrutin de mi-mandat.











































