Le Maroc réduit ses importations de gaz de 20,2% en août

Sep 8, 2026 - 11:40
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Le Maroc réduit ses importations de gaz de 20,2% en août

Les importations marocaines de gaz naturel ont connu un net recul en août 2026. Après trois mois de hausse continue, le Royaume a réduit ses achats face à la flambée des prix du gaz naturel liquéfié et aux tensions persistantes sur les marchés internationaux, selon les données de la plateforme spécialisée "L’Énergie". Le Maroc a importé environ 791 GWh de gaz en août, contre 991 GWh en juillet. Sur un an, le repli est tout aussi marqué par rapport aux 992 GWh enregistrés en août 2025. Cette baisse intervient après un pic atteint en juillet, suite à une progression continue depuis mai où les volumes étaient de 778 GWh, puis 859 GWh en juin.

 Sur les huit premiers mois de l’année, le total des importations s’élève à 6,73 TWh, en baisse de 14,2% par rapport à la même période de 2025. Ce profil irrégulier reflète directement les contraintes du marché mondial. La hausse des cours du GNL et la contraction de l’offre ont compliqué pour le Maroc la sécurisation de cargaisons à des prix abordables. Le ralentissement a été particulièrement visible dans la seconde moitié d’août. Le débit moyen quotidien est tombé à 21 GWh depuis le 18 août, alors qu’il se situe habituellement entre 29 et 31 GWh.

 Le point le plus bas a été atteint les 27 et 28 août avec seulement 15 GWh par jour. Le Royaume avait déjà connu des interruptions d’approvisionnement en mars et avril, avant une reprise en mai avec une hausse de 106,4%, d’après les données de la société espagnole des réserves stratégiques de produits pétroliers. Le Maroc dépend entièrement du marché international pour son GNL. Si le ministère de l’Énergie ne détaille pas toutes les sources, les informations disponibles font état de contrats avec la Russie, les États-Unis, ainsi que la compagnie Shell dans le cadre d’un accord signé en 2023.

Pour la regazéification, le Royaume utilise les infrastructures espagnoles avant d’acheminer le gaz via le gazoduc Maghreb-Europe, anciennement utilisé pour le gaz algérien vers l’Europe. Ce recul des importations marocaines s’inscrit dans un contexte régional tendu. Les pays africains importateurs subissent de plein fouet la hausse de la facture énergétique liée aux répercussions de la crise du détroit d’Ormuz et à la guerre américano-israélienne contre l’Iran. Selon le Centre de recherche sur l’énergie et l’air propre, le surcoût supporté par les importateurs africains de pétrole et de gaz a atteint 21,9 milliards de dollars entre mars et août 2026.

 Le Maroc figure parmi les pays les plus touchés du continent avec un coût supplémentaire estimé à 2,2 milliards de dollars sur six mois, dont 1,8 milliard pour le seul marché du diesel. Le Royaume se classe ainsi au troisième rang africain derrière l’Égypte et l’Afrique du Sud.