Le Maroc devient le deuxième fournisseur d’engrais du Brésil en avril avec 245,7 millions de dollars d’exportations
Le secteur marocain des engrais renforce sa présence sur le marché brésilien. Des données récentes de l’institut brésilien de statistique, relayées par l’agence russe Ria Novosti, révèlent que le Royaume du Maroc a exporté en avril dernier pour 245,7 millions de dollars d’engrais vers le Brésil. Le pays se positionne ainsi au deuxième rang des plus grands fournisseurs de ce pays d’Amérique latine, derrière la Russie dont les exportations ont atteint 277 millions de dollars sur la même période. Les mêmes données indiquent que le Canada occupe la troisième place avec environ 163,6 millions de dollars, suivi de la Chine avec plus de 138 millions de dollars, puis d’Israël avec près de 90 millions de dollars.
Les chiffres montrent également un recul des achats brésiliens d’engrais russes en début d’année. Leur valeur est tombée à 999 millions de dollars, contre 1,18 milliard de dollars sur la même période l’an passé. Cette évolution intervient alors que la demande brésilienne d’engrais reste soutenue, malgré les défis économiques et la volatilité des prix mondiaux. Dans ce cadre, une analyse de la banque Rabobank, spécialisée dans le financement des secteurs de l’agroalimentaire et de l’agriculture, prévoit une stabilisation de la demande brésilienne d’engrais à environ 47,2 millions de tonnes cette année, contre 49 millions de tonnes en 2025.
L’analyse souligne que les agriculteurs brésiliens ont maintenu leurs investissements agricoles malgré les difficultés financières rencontrées lors des dernières saisons, notamment en raison de la hausse mondiale des prix des engrais. Elle note aussi que les tensions géopolitiques, en particulier le conflit au Moyen-Orient, ont contribué à accroître la pression sur les chaînes d’approvisionnement et augmenté les risques liés à l’approvisionnement de certains types d’engrais, notamment l’urée. La même source rappelle que le Brésil dépend fortement des importations pour couvrir ses besoins en engrais, avec près de 90 pour cent de la consommation locale assurée par l’étranger. Malgré la baisse de la part du Moyen-Orient dans les exportations destinées au Brésil, la région continue d’assurer une part importante des importations brésiliennes, surtout pour l’urée.
Selon des données officielles, la valeur des importations brésiliennes d’engrais a dépassé 15 milliards de dollars l’an dernier, soit une hausse de près de 89 pour cent par rapport à 2024. Les États de Rio Grande do Sul, Mato Grosso et Paraná figurent parmi les principales régions importatrices d’engrais et de fertilisants agricoles. Les données officielles montrent par ailleurs que le Maroc a représenté l’an dernier environ 11 pour cent du total des importations brésiliennes d’engrais, pour une valeur de 1,59 milliard de dollars. Le Royaume se classe ainsi au troisième rang mondial des plus grands exportateurs d’engrais vers le Brésil, après la Russie et la Chine.




































