Les cours du pétrole poursuivent leur hausse sur fond d’incertitudes autour de la trêve entre Washington et Téhéran
Les prix du pétrole ont enregistré mardi une nouvelle hausse sur les marchés asiatiques, dans un contexte de craintes croissantes concernant l’avenir de la trêve fragile entre les États-Unis et l’Iran, après que Donald Trump a semé le doute sur la pérennité du cessez-le-feu en vigueur depuis plusieurs semaines. Selon les données rapportées par Bloomberg, le Brent s’échangeait au-dessus de 105 dollars le baril, après une progression de près de 2,9 pour cent lors de la séance de lundi.
Le West Texas Intermediate américain s’est approché du seuil de 99 dollars le baril, alors que les tensions géopolitiques continuent de peser sur les marchés mondiaux de l’énergie. Cette hausse intervient après que Donald Trump a qualifié la trêve actuelle avec l’Iran d’être sous assistance respiratoire, dans des déclarations faites depuis le Bureau ovale. Il a critiqué la récente réponse iranienne à la proposition américaine visant à mettre fin à une guerre qui dure depuis environ dix semaines. Malgré un accord de cessez-le-feu conclu entre les deux parties en avril dernier, des affrontements limités n’ont pas totalement cessé, notamment après des échanges d’attaques contre des navires dans la région du Golfe, ce qui a accentué les inquiétudes des investisseurs quant à la sécurité des approvisionnements énergétiques mondiaux.
La fermeture quasi totale du détroit d’Ormuz continue d’impacter directement le marché pétrolier. Ce passage stratégique, par lequel transitent environ 20 pour cent des approvisionnements mondiaux en pétrole, contribue à maintenir les prix à des niveaux élevés ces derniers jours. Dans le même contexte, des sources proches des efforts de médiation ont révélé que Téhéran a demandé, dans sa réponse à la proposition américaine, la levée du blocus maritime imposé et un allègement des sanctions économiques, en échange du maintien d’un certain contrôle iranien sur la navigation dans le détroit d’Ormuz.
Des analystes économiques estiment que les chances de parvenir à un accord de paix global restent faibles. Ils s’attendent à une reprise ponctuelle des affrontements militaires entre les deux parties, avec la persistance d’un état de tension considéré comme une nouvelle réalité dans la région, sans pour autant basculer vers une guerre totale de longue durée. Par ailleurs, le site Axios a rapporté, citant des responsables américains, que Donald Trump a tenu une réunion avec l’équipe de sécurité nationale pour examiner les développements du conflit, y compris l’éventualité d’une reprise des opérations militaires, ainsi que la réactivation du plan Projet Liberté relatif à l’escorte des navires transitant par le détroit d’Ormuz. La crise s’est également répercutée sur le marché intérieur américain, où les prix des carburants ont connu une hausse notable depuis le déclenchement de la guerre américano-israélienne contre l’Iran.
Cette situation exerce une pression politique croissante sur l’administration américaine et le Parti républicain, à l’approche des élections de mi-mandat du Congrès prévues en novembre prochain. Dans une tentative de contenir la flambée des prix, les États-Unis ont injecté des volumes supplémentaires issus des réserves stratégiques de pétrole sur les marchés. Toutefois, la persistance des tensions dans la région du Golfe maintient les marchés mondiaux de l’énergie dans un état d’attente et de grande prudence.




































