Pétrole : Les cours en hausse pour la 3ᵉ séance consécutive sur fond de tensions entre les États-Unis et l’Iran
Les prix du pétrole ont poursuivi leur progression, ce mercredi, pour la troisième séance consécutive, portés par l’escalade des tensions militaires entre les États-Unis et l’Iran. Les inquiétudes concernant la sécurité de la navigation dans le détroit d’Ormuz, l’une des voies maritimes les plus stratégiques au monde pour le transport du pétrole et du gaz, se sont directement répercutées sur les marchés mondiaux et ont accru l’attentisme des investisseurs. Le baril de Brent a gagné 58 cents, soit 0,7 %, pour atteindre 85,31 dollars. Le brut américain West Texas Intermediate (WTI) a, quant à lui, progressé de 35 cents, ou 0,4 %, pour s’établir à 79,69 dollars le baril.
Ces hausses interviennent après une clôture de mardi en hausse de près de 2 %, à des plus hauts d’un mois. Cette flambée fait suite à l’annonce du président américain Donald Trump de rétablir un blocus naval de tous les ports iraniens, en parallèle d’une nouvelle série de frappes militaires américaines visant des sites accusés par Washington d’être utilisés pour attaquer des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz. En réponse, l’Iran a revendiqué des attaques de drones contre des positions américaines dans la région, dont la base d’Al-Azraq en Jordanie, une nouvelle escalade qui fait craindre un élargissement du conflit. Le détroit d’Ormuz est l’un des points de passage les plus sensibles au monde.
Environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié transitaient par ce détroit avant le déclenchement des dernières hostilités. Toute perturbation de la navigation y a donc un impact immédiat sur les cours mondiaux de l’énergie. Les analystes estiment que les marchés réagissent actuellement moins au volume réel des approvisionnements qu’au niveau croissant du risque géopolitique. “Les cours du Brent et du WTI ont connu une correction à la hausse avec l’intensification des attaques”, a déclaré June Goh, analyste senior chez Sparta Commodities. Elle a toutefois ajouté que le rythme de la hausse pourrait ralentir dans les prochains jours, dans l’attente des prochaines actions politiques et militaires de Washington et de Téhéran.
De son côté, Priyanka Sachdeva, analyste senior chez Phillip Nova, a souligné que le marché pétrolier bénéficie encore d’une offre suffisante à ce stade. Mais “toute nouvelle escalade dans le détroit d’Ormuz ou de nouvelles sanctions sur les exportations iraniennes pourraient accroître les pressions sur les marchés et ajouter une prime de risque supplémentaire aux prix”. Dans ce contexte, Téhéran a annoncé la fermeture du détroit d’Ormuz à la suite de la reprise des combats avec les États-Unis la semaine dernière, menaçant la trêve fragile conclue en juin dernier après plusieurs mois d’affrontements.
Les médias américains ont par ailleurs rapporté que Donald Trump a déclaré que le ciblage des installations énergétiques iraniennes restait une option, mais qu’elle interviendrait dans une phase ultérieure des opérations militaires. Avec ces développements rapides, les marchés de l’énergie mondiaux restent tributaires de l’évolution de la situation sur le terrain et des décisions politiques dans la région. La crainte d’une interruption des approvisionnements via le détroit d’Ormuz pourrait pousser les prix du pétrole à des niveaux plus élevés si le conflit se poursuit ou s’étend à de nouveaux acteurs.











































