Lancement à Casablanca de la Stratégie nationale de financement des chaînes d’approvisionnement pour alléger la pression sur les entreprises
L’importance de la Stratégie nationale de financement des chaînes d’approvisionnement ne réside pas uniquement dans son annonce officielle, mais dans la question qu’elle pose sur le terrain : peut-elle réellement atténuer la pression de la trésorerie et les délais de paiement qui pèsent lourdement sur les entreprises, en particulier les petites et moyennes entreprises ? Le problème n’est plus seulement lié à la rareté du financement, mais aussi à la manière dont il circule au sein de la chaîne de production, du fournisseur à l’entreprise jusqu’au financeur. Toute réforme dans ce domaine a donc un impact direct sur la stabilité du tissu économique et sa compétitivité.
La nouvelle stratégie mise sur la construction d’un écosystème de financement structuré et intégré capable d’accélérer la circulation des flux financiers au sein des chaînes de valeur, au lieu de laisser les entreprises affronter seules les dysfonctionnements de paiement et la faiblesse du financement du besoin en fonds de roulement. Dans ce contexte, le Directeur général de Bank Al-Maghrib, Abderrahim Bouazza, a expliqué que l’initiative représente une étape structurante pour renforcer le financement des chaînes de valeur au Maroc. Il a ajouté qu’elle repose sur un cadre opérationnel intégré et une feuille de route claire pour un déploiement progressif.
Il a également considéré que la plateforme de financement des chaînes d’approvisionnement, dans sa version numérique intégrée, est susceptible de transformer profondément les pratiques commerciales et financières en réduisant les délais de paiement et en améliorant la gestion de trésorerie et l’évaluation des risques. De son côté, Mohamed Tarik Bchir, directeur du Trésor et des Finances extérieures, a souligné que cette stratégie constitue une réponse structurelle aux problématiques de financement des très petites, petites et moyennes entreprises.
Il estime que le financement des chaînes de valeur est devenu un levier décisif pour la compétitivité, la résilience du tissu productif et la souveraineté économique. Quant à Riyad Naouar, responsable à la Société Financière Internationale, il a indiqué que cette initiative vise à traiter des déséquilibres structurels connus, parmi lesquels l’accès limité au financement du besoin en fonds de roulement, la longueur des délais de paiement et les tensions de liquidité.
Ces facteurs limitent la contribution des entreprises à la création de valeur et à l’exportation. Si ces promesses semblent importantes sur le plan théorique, le véritable défi résidera dans la capacité de mise en œuvre effective. Le succès de la stratégie ne se mesurera pas seulement au nombre de partenaires ou à la qualité de la conception, mais à sa capacité à atteindre les entreprises qui souffrent réellement d’un étranglement de la trésorerie. Il dépendra aussi de son aptitude à transformer le financement des chaînes d’approvisionnement d’un concept technique débattu dans les cercles financiers en un outil pratique utilisé quotidiennement dans l’économie réelle.
De ce point de vue, les enjeux dépassent une simple réforme financière partielle, car ils touchent l’un des points les plus sensibles de l’environnement des affaires marocain : la continuité de l’entreprise sous la pression du financement. L’importance de ce chantier est d’autant plus grande au regard de la place de Casablanca dans la carte économique nationale, en tant que centre principal des entreprises, du financement et des chaînes d’approvisionnement. Ainsi, l’accueil de ce chantier par la capitale économique ne semble pas fortuit, mais reflète la nature même du pari : rechercher des mécanismes financiers plus efficaces au cœur de l’espace où se concentre la majeure partie du cycle économique national.
Il convient de noter que le lancement officiel de la Stratégie nationale de financement des chaînes d’approvisionnement a eu lieu le mercredi 22 avril 2026 à Casablanca, à l’initiative du ministère de l’Économie et des Finances et de Bank Al-Maghrib, avec le soutien de la Société Financière Internationale. Ce chantier vise à améliorer l’accès des entreprises, notamment les petites et moyennes, à des solutions de financement plus souples et plus efficientes.





































