Le ministère de la Santé accélère la réforme du système de santé en misant sur la digitalisation et la gouvernance

Avr 11, 2026 - 14:31
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Le ministère de la Santé accélère la réforme du système de santé en misant sur la digitalisation et la gouvernance

Le ministère de la Santé et de la Protection sociale s’oriente vers une accélération du rythme de réforme du système de santé en adoptant une approche globale axée principalement sur la digitalisation et l’amélioration de la gouvernance, dans une tentative de dépasser les dysfonctionnements accumulés depuis de longues années et qui ont directement impacté la qualité des services offerts aux citoyens. Selon les données disponibles, ce chantier de réforme ne se limite pas à des interventions conjoncturelles, mais repose sur une reconstruction complète des différentes composantes du secteur, à travers la modernisation des infrastructures, le renforcement des ressources humaines, le développement des systèmes de gestion, ainsi que l’intégration des solutions numériques à toutes les étapes de la prestation des services de santé.

Dans ce contexte, le ministère travaille à la mise en place d’une plateforme nationale unifiée pour la collecte des données de santé, permettant une vision précise et globale de la situation des établissements de santé sur l’ensemble du territoire national. Ce projet est lié à l’élaboration d’une carte sanitaire dynamique permettant de suivre la performance des structures sanitaires et d’identifier les manques de manière immédiate, afin d’orienter les interventions avec plus d’efficacité. Parmi les principaux axes de cette transformation numérique figure le lancement d’une plateforme nationale de gestion des réclamations des citoyens, qui permet de suivre le parcours de la réclamation depuis son enregistrement jusqu’à son traitement, avec la possibilité de consulter son issue directement, ce qui est de nature à renforcer la transparence et à améliorer la relation entre l’administration et le citoyen.

Cette orientation comprend également l’adoption d’un système avancé de suivi des ambulances via la technologie de géolocalisation GPS, où tous les véhicules seront reliés à un centre de commandement unifié permettant de contrôler leurs déplacements en temps réel et de les orienter vers l’établissement de santé le plus proche capable de recevoir les cas, en fonction de la capacité d’accueil disponible, avec obligation pour les hôpitaux d’interagir préalablement à ces demandes. Ce système vise à mettre fin à plusieurs dysfonctionnements qui marquaient la gestion des ambulances, notamment en ce qui concerne l’absence de coordination ou la mauvaise répartition des ressources, en plus d’améliorer la rapidité d’intervention dans les cas d’urgence et de garantir l’orientation des patients vers les établissements appropriés. Parallèlement, le ministère poursuit l’exécution d’un vaste programme de réhabilitation des hôpitaux et des centres de santé, après un diagnostic de terrain global ayant révélé l’existence de défaillances structurelles dans un nombre important d’établissements.

 Des projets de réhabilitation ont été lancés et ne se limitent pas à la restauration, mais incluent la modernisation des équipements, l’amélioration des conditions de travail et le renforcement des ressources humaines. Il est également question de réorganiser les services d’accueil et de gardiennage au sein des hôpitaux, à travers la révision des modes de gestion et l’introduction de critères plus stricts dans le choix des entreprises contractantes, dans le but d’améliorer la qualité de l’accueil et de mieux orienter les patients au sein des structures sanitaires. Concernant le secteur privé, les mécanismes de contrôle sur les cliniques ont été renforcés, avec des mesures disciplinaires prises à l’encontre des contrevenants, notamment en ce qui concerne la facturation illégale ou le non-respect des procédures de couverture médicale, dans une démarche visant à protéger les droits des patients et à garantir la transparence des services. Sur le plan des ressources humaines, le ministère cherche à améliorer l’attractivité du secteur public en étudiant de nouvelles incitations pour le personnel de santé, en liant les indemnités à la performance et à la responsabilité, ainsi qu’en révisant certaines conditions de travail, afin de limiter la fuite des compétences vers le secteur privé.

Cette réforme s’accompagne d’une orientation vers le renforcement de la régionalisation sanitaire, à travers l’octroi de prérogatives plus larges aux groupements sanitaires territoriaux, leur permettant de gérer leurs ressources avec plus d’autonomie et de répondre rapidement aux besoins locaux.